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Affichage des articles associés au libellé Bizarreries

La Cour des grands

Au sortir de l’adolescence, j’ai cru pouvoir me hisser sur un pied d’égalité avec les gens que je côtoyais. J’ai cru que les interactions seraient facilitées par le fait que nous sommes tous désormais adultes, matures et (qui sait, peut-être, oui, soyons fous !) attentifs aux autres. Pour être claire, j’ai bêtement cru que ce serait plus simple de se faire des amis sans la pression insupportable de la cour de récré ! Mais si, souvenez-vous ! La cour de récré où, de la primaire à la terminale, il était fort mal vu, pour ne pas dire intolérable, de gambader seul, sous peine d’être perçu comme un rebut de la société. Cet endroit magique où les têtes d’affiche et les figurants ne se mélangent jamais. Sortie de ce microcosme, j’ai donc cru que tout serait plus simple, qu’il suffirait de s’approcher d’un tiers, de se découvrir des atomes crochus pour vivre une belle histoire d’amitié, façon Thelma et Louise… ou à défaut, Rox et Rouky. Aux chiottes, les jugements de valeurs ! A morts, les ...

Pomme et au-delà

Cela s’est passé à une période où je ne dormais ni suffisamment, ni correctement. On séjournait à Dublin, chez un type qui cherchait visiblement plus à rentabiliser les deux pièce "en trop" dans sa jolie maison qu'à échanger avec des gens passionnants autour d'un thé et d'un paquet de fraises Tagada (merci Airbnb pour ces moments de grâce et de chaleur humaine digne d'un hôtel Ibis…) La chambre n'était pas bien isolée et n'avait donc rien de très reposante (le minimum syndical après avoir crapahuté partout, en bons touristes assoiffés de visites et de découvertes). Le mec hébergeait également une connasse jeune femme qui avait la fâcheuse habitude de rentrer à 1h du matin, de repartir à 6h et de téléphoner haut et fort entre temps. Bref, niveau sommeil réparateur, j’ai connu largement mieux. Quelque part entre 1h30 et 6h, après qu’on lui ait demandé poliment de bien vouloir fermer sa grande gueule, j’ai pu bénéficier d’un peu de répit et j’en ai prof...

Promenons nous dans les bois

Je suis le petit chaperon rouge. On m’appelle comme ça parce que….enfin vous savez pourquoi ! L’histoire, vous la connaissez. Je me promène dans la forêt, je flâne un peu trop longtemps, je finis par faire une mauvaise rencontre et il y a toujours un moment où je me fais bouffer. Des fois je m’en sors, d’autres non. C’est comme ça. Et je vous parle même pas de ma pauvre mère-grand ! Entre la grippe, la bicoque paumée en pleine cambrousse et le visiteur indélicat, on peut dire qu’elle a décroché le pompon à la loterie des personnages de contes malchanceux. Je suis le petit chaperon rouge et j’en ai ma claque, vous comprenez ? C’est toujours la même rengaine. « Ne t’éloigne pas trop du sentier ; ne papillonne pas trop ; ne parle pas aux inconnus ; fais attention au… GRAND MÉCHANT LOUP ! » Mais c’est quoi d’abord que cette histoire de grand méchant loup ? Un type louche amateur de chair fraîche qui traîne dans les sous-bois et colle les jeunes filles dans mon genre d’un peu trop près. Un...

Volcan

Tout a commencé par quelques fissures, sensibles, presque imperceptibles pour le quidam insouciant. Il prendrait, tout au plus, conscience d’un léger changement climatique, du comportement inhabituel de la faune. Mais pas de quoi s’inquiéter, vous en conviendrez. Puis, un râle s’élève, long, puissant. La chose vous semble alarmante ? Pour quiconque habitué à ce type d’environnement, les grondements n’ont rien d’extraordinaire. Il serait d’ailleurs surprenant de n’en entendre jamais aucun. Bien sûr, cette fois-ci, ils se font plus sourds, plus insistants, mais chacun se rassure aussitôt : Mère nature est contrariée. La belle affaire ! Cela lui passera sûrement avant la fin du film du soir ! Pourtant, après une brève accalmie, les gémissements reprennent de plus belle, les fissures s’agrandissent et, tandis que tous dorment à poings fermés, un souffle chaud et toxique se déverse allègrement. Il tue. Il anéantit tout sur son passage. Compassion, sentiment et patience. Moralité, espoir e...

"Les mots rendent les cris vains"*

-           Tu m’aimes -           Non -           Pourquoi ? -           Je n’ai pas que ça a faire -           Cela n’a aucun sens ! Moi j’aime les lilas, le chocolat et les bandes dessinées et pourtant je n’ai pas que ça a faire. L’un n’empêche pas l’autre, comme on dit… -           Alors c’est que tu ne le mérites pas… Ou qu’il y en a d’autres que j’aime plus que toi. -           C’est injuste. Je t’aime, moi. Enfin je crois… -           Eux aussi, ils m’aiment. Probablement mieux et plus intensément que toi ... C’est injuste, sûrement, mais ça arrive… Tu dis que tu crois m’aimer… Tu n’e...

Mon petit soulier

Cher Père Noël, Comment vas-tu ? Ça fait une sacrée paye que   je n’ai point donné de nouvelles. D’aucun diront que j’ai passé l’âge ou qu’avec le temps, on a tendance à perdre de vue les vieilles relations. Moi je pense plutôt que ma timidité naturelle est en cause. On a jamais été vraiment proches, à peine si on se croisait, de temps à autre, dans les supermarchés… tiens, ça me fait penser, je t’ai jamais envoyé la photo de nous deux. J’avais alors 6-7 ans et, pour tout te dire, j’étais morte de trouille. Eh bah oui, un vieil excentrique sorti de nulle part et qui rentre par effraction chez toi pour t’offrir des joujoux…l’air de rien, c’est très flippant ! Du coup, y’a fort à parier que notre amitié était uniquement platonique… et intéressée. C’est très certainement   pour ça que je voyais pas bien l’intérêt de t’écrire jusqu’à aujourd’hui. J’espère que la grève des lutins contre la retraite à 208 ans n’a pas été trop virulente et que vous avez fini par ...

Enchaînement

Je suis fatiguée Un quart d’heure et c’est le jeu des chaises musicales J’essaye de me convaincre qu ’un échec n’est que le préambule d’une réussite Je suis calme mais négative J’ai envie de mettre une baffe à quelqu ’un : le choix est vaste ! Le bruit me rend dingue ; peuvent-ils enfin cesser d’ouvrir cette fichue porte Je veux rentrer chez moi, mais pas prendre le métro Je vaux mieux qu ’eux…. même si je suis nulle….c’est dire ! Ils sont tellement et moi si peu Je tousse, j’ai chaud, j’ai froid, j’ai faim, j’ai soif, j’ai mal au ventre, mal à la tête… Je ne suis pas une encyclopédie Je veux voir du monde…mais je ne supporte personne J’aimerais changer de coiffure et partir en vacances Être au calme ou faire plein de choses ou les deux à la fois Je me pose plein de questions J’ai la tête pleine de vide Je crois que je fais fausse route Je pense à mon lit Je manque de temps

La Souris

J'aimerais bien me cacher sous le bureau. Me recroqueviller dans un coin sombre de la pièce, seule, derrière de gros meubles, une pile de cartons ou une porte entrebâillée . Je pourrais me glisser dans un placard ou attendre que "ça passe" dans les toilettes, comme si j'avais dix ans, comme si le monde me faisait peur. C'est peut-être le cas. Je suis fatiguée de sourire, de faire semblant. J'ai envie d'assumer, de crier : ma pièce ne rentre pas dans votre puzzle. Est-ce que je devrais la découper, forcer le passage quitte à tout casser, attendre que l'on change de jeu ou que les choses évoluent en ma faveur? Je n'ai pas peur. J'ai juste besoin d'être à l'aise dans mes baskettes! Je ne veux pas me taire. Je ne veux pas tout prendre avec des pincettes. Je ne veux pas qu'on me juge, qu'on m'observe, qu'on me surveille, qu'on me plaigne. Je veux être en terrain conquis. Baisser ma garde et rire, bêtement, pour rien, pou...

Abdominable

J'ai un petit creux au creux du ventre, quelque part sous la cage thoracique, légèrement sur la droite. Sur la droite de mon point de vue, mais à gauche du vôtre. Un creux imperceptible mais qui se gave tel un trou noir de tout ce qui ne va pas: doutes, peurs, mal être, malheurs, mélancolie, larmes, attente, angoisses... Un minuscule trou noir spongieux qui aspire les "à quoi bon?" et les mauvaises pensées qui tiennent éveillées tard le soir ou qui tirent du sommeil en un sursaut. C'est un petit creux tout mignon, tout innocent, de prime abord. Un petit creux-valise où l'on enferme tout ce dont on s'occupera plus tard, tous ces problèmes qui n'en sont pas vraiment et qui peuvent très bien attendre d'en devenir de gros ou de disparaître totalement, tout écrasés qu'ils sont par le poids de la vie, des années, des réalités. Ce petit creux charmant, tendre et câlin qui lacère affectueusement mon ventre et mes pensées, ce petit creux tout mou, tout...

Un peu de douceur dans ce monde de brutes

Des oursons colorés et tatoués vivent dans le ciel. Ils jouent avec des étoiles et bricolent une machine aux rayons arc-en-ciel qui les envoie aux quatre coins de la planète pour faire de grooos câlins aux enfants malheureux! ... Qu ’avait au juste ingurgité l’auteur des B isounours pour pondre une truc pareil ?! L’introduction est heureuse, puisque j’avais promis à une personne, dont je tairais le nom, de remiser pour un temps les textes…pour ainsi dire polémiques…afin de m’adonner à un essai sur les Bisounours . Ça a l’air débile, dit comme ça, mais je demeure convaincu qu ’on n’attire pas plus de lecteurs sur un blog farfelu lorsqu’on y raconte des «cochoncetés» que lorsqu’on leur préfère un bon lot d’absurdités. C’est peut-être même le contraire. Finalement, on a beau dire, les gens sont si " choquables " , si imprévisibles de nos jours. On comprend alors mieux le "pourquoi" des Bisounours . C’est adorable, un bisounours , et complètement innocent. Jetez d...

Home, sweet home

C'était une maison semblable à celle de mon enfance. Du moins, en apparences . Je pensais me trouver dans la cuisine, petite, conviviale, rassurante, bref: familière. Mais en passant la porte, je découvris une véritable myriade de portes, d'escaliers et de couloirs à l'ambiance feutrée. De majestueux tapis écarlates recouvraient le sol, d'immenses tableaux arpentaient les murs. Chandeliers à la flammes vacillantes , armures étincelantes , meubles en ébène , colonnes de marbre blanc... un vrai décors de théâtre. "Non, je ne suis pas chez moi. Le pavillon douillet où j'ai passé la première partie de ma vie s'évapore désormais comme neige au Sahara . Je suis dans un manoir, un énorme manoir, sordide, labyrinthique, silencieux, un manoir inconnu venu tout droit d'une autre époque." Je tentais d'ouvrir quelques portes, m'acharnant vainement sur les poignées, cognant, secouant, criant. Pas de réponse. La maison semblait me mener où elle le voul...

Mephistophélès

Quelque part dans les profondeurs du métro (mettons, entre la station Eglise de Pantin et Raymond Queneau ), un trou béant brille d’une lumière diabolique. Dissimulée par un lot de wagons en file indienne, c’est là que l’on peut trouver la porte des Enfers ! Un rire satanique s’ impose-t-il à ce stade du récit ou peut-on continuer notre excursion ? Rien ? Soit. La ligne 5 du métro parisien est connue pour ces cliquetis sordides, ces crissements stridents et ces vrombissement incessants, tout droit venus des profondeurs infernales. Bien peu savent cependant que le dernier sous-sol en est finalement bien proche. En effet, comment distinguer les cris d’angoisse et de douleur des nombreux pensionnaires parmi les grincements insupportables des railles. Le repère idéal pour tout démon qui se respecte et qui discrètement, passe son heure de pause-déjeuner à regarder passer les trains, agrippé aux rebords du précipice. La ligne orange est également connue des usagers pour ces trop no...