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Affichage des articles associés au libellé thécaire

I, robot

Depuis deux semaines, tu peux emprunter tes documents sur des bornes de prêt en libre-service. C’est le mot politiquement correct pour « automates » ; et ça, c’est le terme convenu pour désigner un robot tueur d’emploi qui, compte tenu du regard effaré que tu me lances, va certainement dévorer ton âme. Comment ça, t’aimes pas ? Comment ça c’est compliqué ? Mais pas du tout, un enfant de 5 ans y arriverait (d’ailleurs, ils y arrivent parfaitement bien tout seuls, on a testé). Quoi, le contact humain ? Tu te paies ma fiole ? Me prendre pour une caissière du Carrefour Market, c’est du contact humain, ça ? Bip-bip-bip-bip, à longueur de journée, ça aide vraiment à tisser des liens, tu crois ? Tu veux du contact humain ? Bah t’enregistres tes prêts tout seul, comme un grand (l’autonomie, ça s’appelle), pis après tu viens me parler comme si j’étais un véritable être humain et pas juste un larbin quelconque. Là d’accord, nous aurons un vrai contact humain. Tu crois que le souci, c’est de ...

Explique-moi

Image
  Mardi, 12h15 : la photo ci-dessus est postée sur le compte Facebook d'une bibliothèque avec une accroche légère et décomplexée : "Découverte insolite du matin, lors du rangement des collections. La médiathèque : ce lieu de rencontres et d'échanges ;-)" Les réactions des abonnés sont positives, l'info décalée a fait mouche !  Mercredi, 15h30 : la photo en question est retirée de la page. L'objet représenté pourrait "choquer les âmes sensibles"... Explique moi, chaton, ce qu'il y a d'inapproprié dans une photo de tampon. Un tampon neuf, dans son emballage pastel, semblable à un bonbon. Pas un tampon usagé et maculé de sang. Juste un petit tampon vierge et innocent (non pas, selon moi, qu'une protection périodique souillée soit coupable de quoi que ce soit....mais je m'éloigne de mon sujet !) Explique moi, mon lapin, ce qui devrait susciter l'ire de la populace dans la vision, certes incongrue mais fondamentalement drôle,...

Scandale

Cynisme enclenché !* -  2017, le monde découvre avec effroi ce qui se trame derrière les murs calmes et ternes de nos bibliothèques. Un groupe de militants, n’écoutant que leur courage, a hardiment forcé les poubelles scellées d’une médiathèque du sud de la France et là…. Horreur ! Un spectacle effroyable leur a fait monter les larmes aux yeux. Dans la bene, des centaines de livres gisent, attendant la mort. Le personnel local se défend : on ne jette pas aveuglément, non ; on rafraichit, on désherbe. C’est parait-il indispensable. Mais comment diable peut-on se prétendre défenseur des livres et de la culture si on n’est pas fichu de les protéger de la folie consumériste du vite-acheté vite-jeté ? Car bon sang de bois, un livre est un objet à part, un objet sacré ; ce n’est pas une vulgaire miche de pain, une paire de chaussettes ou une chaise. C’est…c’est…bien plus que ça ! Un livre, c’est le patrimoine, la mémoire, l’art, l’esprit. Un livre, c’est un supplément d’âme ! -...

Les mystères inextricables de la boîte de retour

« Je l’ai rendu, j’en suis sûr ! En fait, je l’ai mis dans votre boite ! C’est sûrement ça, le problème. » Alors, alors… Mettons les choses au clair. Quand votre facteur dépose une courrier dans votre boite aux lettres, quelle est au juste la probabilité qu’il se perde avant que vous ne le récupériez ? Existe-t-il une faille spatio-temporelle tout au fonds, qui aspire fatalement les objets qui auraient le malheur de s’y aventurer ? On admettra que c’est relativement peu probable. Évaluons les possibilités : ou bien votre facteur n’a JAMAIS déposé le-dit courrier dans votre boite, ou vous ne l’avez pas récupéré, ou encore, vous l’avez bel et bien intercepté mais l’avez rangé sans l’ouvrir (erreur, oubli, que sais-je !) Si l’on revient au cas qui nous intéresse, à savoir notre boite de retour magique qui dévore les documents que les usagers innocents et consciencieux glissent à l’intérieur avant la date fatidique, essayons de faire le point : -  Première hypothèse, nous avons oubl...

Jeanne d'Arc ?

En ce moment, il parait qu’on n’est pas correct avec le public et qu’il va falloir y remédier fissa. Ça s'était un peu calmé jusque là, mais il semblerait qu'il y ait eu de la récidive ! D’aucuns se seraient plaints auprès de la direction ou de la mairie. Des attitudes, des remarques un peu limites seraient à déplorer. Alors bon, j’dis pas, ça peut arriver : on n’a pas que des gens charmants parmi les employés (ni parmi les usagers d’ailleurs…enfin ça, c’est un tout autre problème). Mais ce matin, j’ai mis un pied dans la Quatrième dimension des rapports humains. Un truc étrange, inexplicable, à la frontière du surnaturel. Je termine les prêts d’une personne, lui donne la date de retour, la salue gentiment (ah si-si, j’vous jure : sage comme une image !) ; puis je me tourne vers ma collègue (qui se reconnaîtra si elle passe par là) pour répondre à la question que celle-ci m’avait posée avant l’arrivée de la lectrice. J’ai à peine ouvert la bouche que cette dernière, arrivée...

Con, cours !

Cette année, une fois encore, je vais devoir passer mon sempiternel (3e, en vérité) concours pour accéder à la fonction suprême et tant convoitée d’ Assistant de Conservation du Patrimoine et des Bibliothèques . Un titre ronflant pour désigner une personne qui gère des collections de documents, vous conseille et organise tout plein d’animations fort sympathiques pour petits et grands, dans un univers merveilleux, plus connu sous le nom de « médiathèque ». Grosso-modo, ce que je fais cinq jours sur sept depuis un bon bout de temps. Ni plus, ni moins. Je vais devoir me lever de bonne heure (bon admettons...) avec une boule au ventre, prendre un RER qui ne fonctionne correctement que 6 jours par an (petit indice : c’est la première lettre de l’alphabet), patienter pendant une heure dans une zone industrielle tristoune et plancher trois heures durant sur le sujet obscur d’une note de synthèse inutile. La note de synthèse , pour ceux qui se poseraient la question, c’est effectivement une ...

Le boss de fin de niveau

Il arrive que les propos énumérés ci-dessous soient précédés d'un chaleureux "bonjour" ou d'un timide " s'cusez-moi ". Mais je ne vais pas vous mentir...c'est assez rare. - "Je cherche un livre...la couverture est bleue et il y a une femme dessus" - "(en trépignant tel un enfant devant ses cadeaux de Noël) J'ai réservé la Journée de la jupe et franchement, c'est un vrai scandale: ça fait bien deux mois que j'attends et il est toujours pas revenu! D'ailleurs, l'autre con-là , il a deux jours de retard, et vous, vous ne dites rien!" - "Vous avez des livres sur (lis le sujet gribouillé sur son agenda Twilight )...euh... Les Changements de la société occidentale après 1975 ?" - "Vous n'avez vraiment rien ici! Je n'ai trouvé Saint-Augustin ni à Saint , ni à Augustin ... Dans le rayon philo, vous dites?...c'est à dire ? - "Vous connaissez pas Discott ?!!? Mais c'est ter...

No future

Je ne suis pas plus mauvaise qu’une autre. Dans certains cas, cette affirmation est une manière d’admettre que finalement, je ne m’en sors pas trop mal. Dans d’autres, elle signifie simplement que je suis dans la moyenne des êtres moyens et que malheureusement, il ne suffit pas d’être moyen pour réussir. Ainsi, je sais qu’il ne suffit pas de se donner à fond et d’y croire pour obtenir ce que l’on veut…car il s’en trouve toujours qui, lorsqu’ils s’y mettent à fond eux aussi, vous font presque douter de l’authenticité de vos diplômes. Alors de deux choses l’une, soi je décide de me lancer tête baissée dans cette tâche, au risque de subir l’échec comme un uppercut au menton ; soi je prends conscience de mes limites une bonne fois pour toute et refuse catégoriquement de perdre mon temps si précieux dans ce genre de conneries ! Je ne suis pas plus mauvaise qu’une autre et surtout, je ne suis pas complètement conne. Même si j’ai les facultés mathématiques d’une enfant de onze ans, j’ai très ...

"Puisque c'est ainsi, nous reviendrons mardi..."

Le mardi, c'est très simple, je me sens comme ce pauvre Garfield en début de semaine (si vous ne voyez pas du tout ce que je veux dire, h âtez-vous de réparer cette erreur impardonnable!), sauf que lui c'est le lundi qu'il déteste et que vraiment, je ne comprends pas pourquoi, parce que pour un chat, soyons logiques, tous les jours se ressemblent. Alors voilà, moi aussi, j'ai mon "lundi", mon jeudi noir, mon vendredi 13, mon bloody sunday ... sauf que c'est le mardi! Évidemment , le mercredi, ça va déjà mieux... à ceci près que le mercredi, c'est le jour des enfants et des emmerdeurs en série, mais après tout, chaque jour a ses petits inconvénients , alors passons. Le problème majeur du "mardi", outre la fin du week-end et le retour au boulot, c'est qu'il nous ramène à nos plus puériles angoisses d'enfants, le dimanche soir, devant "ça cartoon" alors qu'on a toujours pas finit l'exercice de maths pour le l...

Stéréotypes

Cliché n°1: Nous sommes une bande de bonnes femmes à la mine sévère, vêtues de tailleurs austères et aux chignons grisonnants hyper serrés, le tout agrémenté de petites lunettes afin de pouvoir lancer des regards mauvais par dessus les montures à quiconque lâche un soupire Cliché n°2: D'ailleurs nous prenons un malin plaisir à faire " chuuuut " toute la journée. C'est notre seule occupation de vieilles filles frustrées qui vivent avec 5 chats et parlent à leur télé. Cliché n°3: Nous détestons le bruit, les enfants, les chiens, les jeunes, la musiques, les fêtes... en fait, tout ce qui nous rappelle que nous avons une vie pitoyablement vide et inutile. Cliché n°4: Nous passons environ 20h par semaine, le cul vissé sur une chaise, à bouquiner comme des feignasses et, de temps à autre, lorsque nous consentons enfin à lever le nez de ces pages rongées par les rats et l'humidité, à signaler d'un ton sec que "les ouvrages empruntés sont à rendre pour ...

Je grève, tu grèves, il grève, nous...

Bulletin d'information datant du 29 janvier 2009 Aujourd'hui, c'est jour de grève dans la fonction publique. Je dis ça... en même temps, vous le saviez sûrement déjà. Non seulement parce que les médias nous le rabachent depuis une semaine, mais aussi parce que si vous aviez nourrit l'incroyable ambition de déposer votre progéniture à l'école (trop souvent considérée comme une garderie gratuite, voir, comme un moyen de se débarrasser des moufflets pendant 6 heures...mais bon, passons!), de prendre le métro ou de vous ouvrir nonchalamment l'avant-bras à coup de cutter, eh bah, les mecs, la journée débute mal! Alors voilà, c'est la grève. Le peuple est dans la rue, scande des slogan à la mord-moi-le-noeud derrière les syndicats et paralyse votre vie quotidienne un peu morne (ça a au moins le mérite de pimenter un peu tout ça, non?). Eh oui: on a beau s'énerver contre les fonctionnaires, grogner qu'ils ne sont jamais là quand il faut, qu'ils ne gl...