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Au commencement...

Au commencement était l’envie. L’envie de travailler, d’améliorer, d’avancer. L’envie de faire mieux, tout simplement. Au commencement était l’envie, la grande, l’absurde, la féroce envie de l’ouvrir sur tout et n’importe quoi. SURTOUT n’importe quoi ! Au commencement était l’envie de conserver une trace, de ne pas tout garder  jalousement au fonds d’un placard ; et peut-être, avec un peu de chance, d’intéresser quelques passants. De partager avec eux, ce cri qui résonne à l’intérieur, de lui octroyer quelques instants de liberté. Et peut-être aussi de ne pas faire tout cela pour des prunes ! Au commencement était l’humour. Afin de trouver un style qui me soit propre, d’échapper non seulement à la gravité, mais aussi au pompeux, au conventionnel et aux artifices de toutes sortes. D’être réellement moi : cynique, grinçante ; parfois vulgaire, et parfois tendre. Mais toujours avec de vrais morceaux de rire à l’intérieur. Au commencement était l’humour car il est important, voir...

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Cher Facebook, Tu me casses les pieds ! La vie avec toi, c’est une injonction perpétuelle au bonheur et à rentrer dans les petites cases. Mais je te le dis en toute amitié : les gens n’ont pas toujours envie d’afficher leur bonheur éclatant à la face du monde. Parfois, ils ont passé une journée de merde, rêvent juste d’une épaule compatissante ou d’une bonne gueulante pour se défouler.  Certains ne te le diront probablement jamais et pourtant, il faut que tu le saches, Facebook : comme le chantait le coq ménestrel de Robin des Bois « des bas, des hauts… il y en a partout… » Internet n’est pas uniquement fait pour diffuser des photos de soit en bikini au bord de la piscine, avec une coupe de champagne dans une main et les fesses d’un Michael Fassbender sous l’autre, histoire de bien faire comprendre aux gens que ta vie est superbe et qu’ils devraient chaque jour se morfondre de ne pas être à ta place. Ou alors c’est qu’effectivement, la population du web est composée à 50% de gens q...

Charbon

Quand j’en vois passer une, j’ai le cœur qui fait un bond. Plusieurs petits bonds, en vérité. Comme elle. Boing-boing-boing. Trois petits bonds puis c’est fini. Quand j’en vois passer une, c’est idiot, mais je me sens heureuse. C’est fugace. Comme un éclair. Trois petits bonds, dans mon cœur et sous mes yeux, puis s’en va. Je peux bien être inquiète, nostalgique, triste ou folle de rage ; à chaque fois que j’en vois passer une, c’est un émerveillement naïf. Une pause légère dans la grisaille du quotidien. Comme si le temps se figeait trois petites secondes, trois petits bonds, juste le temps de me remonter le moral. Oui, c’est idiot. Véritablement idiot. A chaque fois que cela arrive, je me sens comme une gamine qui trouve un caillou brillant sur la plage. Un petit « Oh ! » m’échappe à tous les coups. C’est toujours une surprise, même quand je la cherchais du regard depuis quelques minutes déjà. Parfois, une personne près de moi fait « Oh ! » à son tour. Ou même avant, ce qui pique ma ...

Mythic.com : Mon labyrinthe

Je suis seul. Il fait froid. Je suis seul, dans le  noir et j’ai froid. Je suis perdu. Je suis sûrement déjà passé par là des centaines de fois. J’ai peur. J’ai vraiment peur de ne jamais m’en sortir. Je voudrais me rouler en boule sur le sol et pleurer. Je pleure. J’attends. Peut-être qu’on reviendra me chercher. Je ne sais même pas depuis quand j’attends.  J’ai tellement faim. Froid, peur, seul, faim. J’ai tout le temps faim. Il peut s’écouler des jours…il doit s’écouler des semaines sans que je ne puisse avaler quoi que ce soit. Parfois, je tombe sur un petit gibier. Je lui tord le cou. C’est rapide, vous savez. Il ne souffre pas. Je n’aime pas faire souffrir les animaux. Moi, on m’a tellement fait de mal sous prétexte que je n’étais pas comme les autres. Mais là je n’ai pas le choix : il faut que je mange, il faut que je survive. Souvent je me demande : A quoi bon ? Pourquoi vivre ? Pourquoi comme ça ? Seul, triste, affamé, frigorifié, dans le noir. Je devrais m’allonger ...

Le Point de rupture

-  Qu’est-ce qu’il a de plus que moi ? Non mais franchement ! Y a-t-il seulement question plus absurde ? J’ai envie de lui répondre sérieusement, parce qu’évidemment, il est bouleversé. Trois ans de passion (enfin, ça c’est lui qui le dit), ça ne se balaye pas comme ça, du jour au lendemain, pour fuir avec n’importe qui. J’ai réellement envie de lui apporter une réponse à la hauteur de ses attentes. Une réponse qui lui donne soit l’impression qu’il n’était résolument pas au niveau, soit la conviction que notre histo ir e était foutue, avant même qu’il ait effleuré du doigt cette tragique vérité. Ou bien une réponse qui me ferait passer pour la reine des garces et le guérirait définitivement de moi. Oui, je suis une personne charitable, je ne supporte pas de voir mon futur-ex souffrir… Seulement, là, avec ses lieux-communs débiles, je suis désolée, mais il m’agace. Et tout ce qui me vient comme idées de réponses, à cette question con, ce sont, comme dirait mon père, des "réponses ...

En verre et contre tout !

« La fée dit alors à Cendrillon : - "Eh bien! voilà, de quoi aller au bal : n’es-tu pas bien aise ?" - Oui, mais est-ce que j’irai comme cela, avec mes vilains habits ?" Sa marraine ne fit que la toucher avec sa baguette, et en même temps ses habits furent changés en des habits d’or et d’argent, tout chamarrés de pierreries ; elle lui donna ensuite une paire de pantoufles de verre, les plus jolies du monde. » De verre. De verre ?!? De verre ou de vair ? … Cette fameuse polémique a encore de beaux jours devant elle. Au bout d’un moment,  on s’en moque un peu de savoir si Cendrillon portait des souliers en culs de bouteille ou en chinchilla. Même si à mon avis, porter de gros chaussons en peluche n’a rien de très élégant pour aller danser. D’accord, le verre, ça fait très mal aux pieds et ça se fracasse aisément sur les pavés, mais… Bah on a qu’à pousser le vice jusqu’à dire qu’il est impossible de tailler un carrosse décent dans une citrouille, que les bonnes fées n’ex...

Adieu

C’est difficile de trouver les mots justes pour expliquer un sentiment si ridicule et si important à la fois. D’un côté, j’ai tant voulu le quitter que le simple fait d’en être si proche me parait surréaliste. C’est très simple : on s’est tant retourné le cerveau sur le sujet que j’ai bien cru que le sol s’effondrerait sous nos pieds avant d’avoir trouvé une terre plus hospitalière. Et ce n'est pas qu'une image... Pourtant, l’heure du départ est proche. Le moment de lui faire nos adieux aussi. C’est un peu comme quitter son école : prendre conscience qu’on y remettra jamais plus les pieds ; réaliser qu’elle nous a bien gâché la vie durant toutes ces années, mais qu’on y a vécu des moments de pur bonheur avec des personnes fantastiques. C’est un peu comme jeter un vieux doudou puant, sale et en lambeaux : on sait qu’il est foutu, peut-être même plein de germes et de poussières, que ce serait idiot de s’y raccrocher, mais l’on hésite quand même car il représente t...