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Les mystères inextricables de la boîte de retour

« Je l’ai rendu, j’en suis sûr ! En fait, je l’ai mis dans votre boite ! C’est sûrement ça, le problème. »

Alors, alors… Mettons les choses au clair. Quand votre facteur dépose une courrier dans votre boite aux lettres, quelle est au juste la probabilité qu’il se perde avant que vous ne le récupériez ? Existe-t-il une faille spatio-temporelle tout au fonds, qui aspire fatalement les objets qui auraient le malheur de s’y aventurer ?
On admettra que c’est relativement peu probable. Évaluons les possibilités : ou bien votre facteur n’a JAMAIS déposé le-dit courrier dans votre boite, ou vous ne l’avez pas récupéré, ou encore, vous l’avez bel et bien intercepté mais l’avez rangé sans l’ouvrir (erreur, oubli, que sais-je !)

Si l’on revient au cas qui nous intéresse, à savoir notre boite de retour magique qui dévore les documents que les usagers innocents et consciencieux glissent à l’intérieur avant la date fatidique, essayons de faire le point :

-  Première hypothèse, nous avons oublié de pass…

Jeanne d'Arc ?

En ce moment, il parait qu’on n’est pas correct avec le public et qu’il va falloir y remédier fissa. Ça s'était un peu calmé jusque là, mais il semblerait qu'il y ait eu de la récidive ! D’aucuns se seraient plaints auprès de la direction ou de la mairie. Des attitudes, des remarques un peu limites seraient à déplorer. Alors bon, j’dis pas, ça peut arriver : on n’a pas que des gens charmants parmi les employés (ni parmi les usagers d’ailleurs…enfin ça, c’est un tout autre problème). Mais ce matin, j’ai mis un pied dans la Quatrième dimension des rapports humains. Un truc étrange, inexplicable, à la frontière du surnaturel.

Je termine les prêts d’une personne, lui donne la date de retour, la salue gentiment (ah si-si, j’vous jure : sage comme une image !) ; puis je me tourne vers ma collègue (qui se reconnaîtra si elle passe par là) pour répondre à la question que celle-ci m’avait posée avant l’arrivée de la lectrice.
J’ai à peine ouvert la bouche que cette dernière, arrivée su…

Médian

Dernièrement, un humoriste et chroniqueur engagé a évoqué avec nos « chers députés » la possibilité de faire quelques menues économies sur leurs salaires. Après tout, s’il faut se serrer la ceinture en temps de crise, je suis absolument certaine que ces messieurs (et fort peu de dames, sexisme ordinaire oblige, mais ne les oublions pas) seraient prêts à montrer l’exemple, que dis-je, à mouiller la chemise (si coûteuse soit-elle, je suppose qu’on ne s’habille pas chez H&M quand on est député) pour nous sortir un peu de la panade.
Bien évidemment, c’était une boutade que nos représentants ont, en définitive, fort peu goûtée. Jouer avec la santé, l’éducation et le niveau de vie de 65 millions de français : soit. Toucher à l’argent de poche de papi Michu qui roupille à l’Assemblée : ‘pas possible d’entendre des conneries pareilles ! N’empêche…
On sait tous qu’entre les 3 millions et demi de chômeurs et les 600 000 élus du pays, c’est plutôt les seconds (et encore, une petite partie) q…

Cats

Je tourne la clé dans la serrure, la porte s'ouvre dans un grincement macabre.
Fulbert est là, vautré dans le canapé. Il me lance un regard dédaigneux, plein de reproches.
"Oh, ça va, hein !"
J'accroche ma veste au porte-manteau, balance mon sac par terre, avant de tituber jusqu'au canapé. Je m'écroule lamentablement et manque d'écrabouiller Fulbert qui prend la fuite avec un "mrou!" de mécontentement.
Bien évidemment, il file dans la cuisine et pose son arrière-train roux et dodu devant le saladier en inox qui lui sert de gamelle,
"Mon petit père, tu as quand même de sacrées réserves, alors merci de me laisser souffler !"

J'allume la télévision et tombe nez à nez avec une de ces ignobles bouses de la téléréalité. Quelques chaines plus loin, un programme de télé-achat me vente les miracles d'un produit granuleux, couleur ciment, capable de faire fondre mes "kilos en trop en moins de trois semaines !"
Je grimace et tâ…

Douce nuit

Image
- Qu’est-ce qu’il glande ? On va pas y passer la nuit
- Bah quoi ? Il vient de partir. Déstresse !
- Tu plaisantes ? Ça fait bien 20 minutes qu’il est là-dedans
- Oh toute suite… A peine 10 et encore je suis large !
- Tu comptes le temps qu’il a pris pour faire passer son gros cul de vieil alcoolo gavé de pain d’épice par l’entrée ?
- Mais qu’est-ce que t’as, toi, ce soir ? Tu fais la gueule, ou quoi ?
- Naaan… c’est pas ça… Mais la route est encore longue alors si on perd une demi-heure à chaque escale, on y est encore l’année prochaine.
- Et alors ? T’es pressé ? T’avais autre chose de prévu ? Un rencard ? Un réveillon de Noël en famille ?
- T’es con… Tu as tout de même conscience qu’on est serré, niveau timing ? On dirait que tu t’en tapes.
- Mais je m’en tape pas ! Je trouve juste bizarre que tu prennes tout ça tellement à cœur. C’est comme d’habitude. Il va traîner un petit peu au début, faire le touriste, casser la croûte ici ou là, et sur les coups de 3 heures, il se rendra c…

Promenons nous dans les bois

Je suis le petit chaperon rouge. On m’appelle comme ça parce que….enfin vous savez pourquoi ! L’histoire, vous la connaissez. Je me promène dans la forêt, je flâne un peu trop longtemps, je finis par faire une mauvaise rencontre et il y a toujours un moment où je me fais bouffer. Des fois je m’en sors, d’autres non. C’est comme ça. Et je vous parle même pas de ma pauvre mère-grand ! Entre la grippe, la bicoque paumée en pleine cambrousse et le visiteur indélicat, on peut dire qu’elle a décroché le pompon à la loterie des personnages de contes malchanceux.

Je suis le petit chaperon rouge et j’en ai ma claque, vous comprenez ? C’est toujours la même rengaine. « Ne t’éloigne pas trop du sentier ; ne papillonne pas trop ; ne parle pas aux inconnus ; fais attention au… GRAND MÉCHANT LOUP ! »
Mais c’est quoi d’abord que cette histoire de grand méchant loup ? Un type louche amateur de chair fraîche qui traîne dans les sous-bois et colle les jeunes filles dans mon genre d’un peu trop près. Un t…

Itinéraire

Nos regards se croisent.
Je baisse les yeux, mi-gênée, mi-irritée. Qu’est-ce qu’il a, à me fixer comme ça, celui-là ? Il a jamais vu une fille avec un gros nez et un top à paillettes orange fluo ? Ou bien il est déjà bourré à 21h34 ?
Je fais mine de contempler par la fenêtre la magnifique lune quasi-pas-pleine-du-tout et je le détail avec autant de discrétion que le ferait un éléphant en plein triple-axel dans une patinoire. Il est quelconque. Ni beau ni laid. Standard quoi. Le genre de type à qui le coiffeur fait systématiquement la même coupe de cheveux sans âme. Le genre d’individu à qui aucune coiffure n’irait de toute façon. … Un look de hipster bateau, une chemise à carreau, un t-shirt délavé surmonté d’un logo obscur (une série ? un jeu ?  Un bouquin ? Une marque de lessive ? Qu’importe !), un jean raide grisâtre qui fut peut-être noir pendant un temps. Les lunettes à grosse monture du gars qui a passé la fin de son adolescence à défoncer ses rétines sur des jeux en lignes, de…